Category: "Family/Parenting"

Globe and Mail Essay

by Helene Louise  

For years, I have loved reading The Globe and Mail’s personal essay section. I appreciate the opportunity to read the reflections of others from across the country on all kinds of different themes. When my daughter graduated from high school this spring, I wrote something that summarizes the experience that I write about in the context of this project. Today, I am delighted that the essay published is the one that I wrote!

You can read it in English on The Globe and Mail site, or the translation in French, below. Happy reading!

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Depuis des années, j'adore lire la section du Globe and Mail sur les essais soumis par les lecteurs. J'apprécie l’occasion de lire les réflexions d'autres personnes de partout au pays sur différents thèmes.

Quand ma fille a obtenu son diplôme d’études secondaires ce printemps, j’ai rédigé un essai qui résume l'expérience dont je parle dans le cadre de ce projet. Aujourd'hui, je suis ravie que l’essai publié est celui que j'ai écrit !

Vous pouvez le lire en anglais sur le site du Globe and Mail, ou la traduction en français, ci-dessous. Bonne lecture !

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Le spécialiste a feuilleté le dossier, il a levé la tête et a dit que mon bébé avait subi un AVC. C’est pourquoi sa main restait toujours fermée et elle ne rampait pas. Il a ensuite dit qu’à cause de l’AVC, ma fille ne marcherait probablement jamais et que si jamais elle réussissait à le faire, elle boiterait fortement. Elle aurait probablement aussi un retard de développement.

À travers la vague de nausée qui commençait à me submerger, je lui ai demandé désespérément ce que je pouvais faire pour l’aider. Il m’a répondu qu’il n’y avait rien à faire, que l’AVC était permanent. Mais j’ai insisté pour qu’il me donne d’autres options — il devait y avoir quelque chose, n’importe quoi que je pouvais faire pour essayer de l’aider, même un peu. Le seul conseil qu’il avait à offrir était que je devais « apprendre à vivre avec ».

Lorsque j’ai attaché ma fille dans son siège d’auto pour rentrer chez nous, elle m’a fait un grand sourire. Mon esprit traitait frénétiquement ce que je venais d’entendre, mais mon cœur ne parvenait pas à concilier les limites imposées à son futur avec l’intelligence que je voyais pétiller dans ses yeux. Comment pourrait-il n’y avoir absolument rien que je pouvais faire pour l’aider ? Comment pourrait-il n’y avoir aucun espoir, ne serait-ce qu’un tout petit ?

Il n’y avait rien dans ma vie jusque-là qui aurait pu me préparer à ce moment. Je me souviens si clairement de la vision que j’avais pour moi-même quand j’étais jeune. Je me souviens m’être sentie si adulte à mon bal de fin d’année, si pleine d’espoir pour l’avenir, dans ma robe de taffetas bleu foncé. Tout semblait possible. Bien sûr, j’allais aller à l’université. Bien sûr, j’allais trouver un travail, me marier et fonder une famille, dans cet ordre. Bien sûr, tout allait bien se passer. Pourquoi en serait-il autrement ? Deux diplômes universitaires et une décennie plus tard, j’étais sur le point de divorcer, à la maison avec deux enfants et maintenant ceci.

Au cours des jours et des semaines qui ont suivi le rendez-vous, la conversation avec le spécialiste ne cessait de jouer en boucle dans mon esprit. À un certain point, j’ai réalisé qu’ironiquement, le seul soupçon de lueur d’espoir résidait dans ses propres mots. Peut-être « probablement jamais » comme dans « elle ne marcherait probablement jamais » ne signifiait pas nécessairement « qu’elle ne marcherait certainement jamais ». Et peut-être « probablement elle aurait un retard de développement » ne signifiait pas nécessairement « qu’elle aurait certainement un retard de développement ». Certes, c’était une lueur d’espoir bien faible, mais à défaut d’autre chose, c’était tout ce que j’avais et cela devrait suffire.

J’ai donc fait tout ce que je pouvais pour aider ma fille — au cas où ce serait possible. J’ai commencé par l’apprentissage de la marche. Elle était certainement hésitante, tombait souvent et boitait. Mais finalement, elle a appris à maintenir son équilibre et mettre un pied avant l’autre pour aller là où elle voulait. Elle pouvait marcher — sans l’ombre d’un doute. En l’absence d’un point de repère pour indiquer ce qui était possible, cette réalisation a transformé ma faible lueur d’espoir en raison de persévérer.

Ainsi, chaque fois qu’on me disait qu’elle ne pourrait pas faire ceci ou cela, je demandais : « Et si ? Et si c’était possible, comment pourrais-je l’aider à y arriver ? » En même temps, j’étais à l’affût des petites lueurs d’espoir qui pourraient indiquer que quelque chose de positif pourrait être possible, aussi minime et imperceptible qu’elle puisse sembler aux autres. J’ai lutté contre toutes sortes de réactions négatives et j’ai fait de mon mieux pour trouver des solutions et des alternatives.

Cette année, tant d’années plus tard, malgré les sombres perspectives qui m’ont été données au tout début de sa vie, ma fille a obtenu son diplôme d’études secondaires. Il y a encore des activités de réadaptation à faire mais nos conversations portent davantage sur ce dont la plupart des adolescentes aiment discuter — ce qui se passe à l’école, la dernière astuce beauté d’une Youtubeuse et surtout qui porterait quoi au bal de fin d’année.

Au début du printemps, nous avons commencé à chercher partout la robe parfaite, mais aucun magasin ne semblait avoir ce que ma fille avait en tête. En visitant mes parents, elle a trouvé ma vieille robe de taffetas bleu foncé à l'arrière d'un placard, conservée par ma mère pendant toutes ces années. Elle lui allait parfaitement, et la robe était apparemment, exactement ce qu'elle cherchait. Quelques retouches mineures pour moderniser le look, une nouvelle paire de chaussures et elle était prête pour le bal.

En regardant où nous en sommes aujourd'hui, tant d'années après ce rendez-vous dévastateur, je ne peux m'empêcher de me demander où nous en serions si je n'avais pas été si poussée à chercher de petites lueurs d'espoir.  Aurait-elle quand même obtenu son diplôme d'études secondaires et en train de s’apprêter à apporter sa propre contribution à la société si j'avais appris à vivre avec la sombre perspective décrite il y a toutes ces années ? Je ne le saurai jamais avec certitude.

Ces jours-ci, je me demande ce qui arriverait si un plus grand nombre d'entre nous laissait ouverte la possibilité que peut-être, il y avait place à la moindre possibilité d'amélioration ou de changement—même si on nous a dit le contraire, même si nous-mêmes ne sommes pas sûrs. Si l'amélioration ne faisait une différence qu'une fois de temps en temps, ne serait-ce pas mieux que rien ? Et si nous nous laissions les uns les autres garder les quelques lueurs d'espoir que nous pourrions avoir, au lieu de les enlever par inadvertance avec nos paroles et nos actions — cela pourrait-il peut-être susciter plus d'espoir ? Plus de changements ? Cela pourrait-il avoir un impact positif dans l'ensemble, même si on ne pouvait jamais le mesurer ou le prouver ?

Alors que je regardais ma fille partir pour son bal de fin d’année, se sentant si adulte, si pleine d’espoir pour l’avenir, dans ma robe de taffetas bleu foncé, tout semblait possible.


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More Lingering Lessons From Grade 4

by Helene Louise  

As I wrote in September, I loved my grade 4 teacher. She didn’t smile much and she was very stern but I thought she was wonderful. Back then, in the late seventies, her stories about “the good old days” included anecdotes about how it had been when she had gone to school in a one-room school house. I was completely fascinated by the idea that the person standing right in front of me could have actually gone to school like a “pioneer girl”.

We all thought it sounded so terribly old-fashioned and that the kids back then, or “children” as she insisted on calling them, couldn’t possibly have learned as much as we were learning in what clearly seemed like such modern times. After all, they hadn’t had all of the fancy stuff that we had—cassette tapes for listening to music, walkie-talkies for talking to a friend, antenna TVs for watching our favourite shows and digital wrist watches for keeping track of time so we didn’t miss our show the only day of the week it was on.

To our surprise, however, our teacher believed that the kids back then might have actually been learning faster than we were. She said that because all the grades had been together in the same room, the younger kids learned the more advanced concepts along with the older ones by just being in the same room with them. Nothing fancy, just looking, listening and being part of what was going on around them.

Sometimes I wonder if with the ubiquitous presence of technology in our lives, we sometimes forget that there are also simple ways of learning and doing things. I’d be absolutely lost without my iPhone. It has replaced almost everything…the cassette tapes for listening to music, the walkie-talkie for staying in touch with a friend, the antenna TV for watching my favourite show and my watch for keeping track of time, even though I can now essentially watch my favourite show any time and place I like, day or night.

However, I still appreciate the inherent value in the “older ways” of doing things. And, I regularly seek out opportunities to hear live music, talk to a friend in person, go for a walk rather than watching yet another episode of something I find entertaining and while out, not worrying too much about the time.  And, looking back on about a decade and a half of helping my daughter with her rehabilitation after a childhood stroke, I’d say that playing with her older sister in the park when she was younger, seeing other kids swimming, skipping or doing anything at all that she hadn’t yet learned, has often been equally effective as anything I’ve tried to do to help her—learning and inspiration can still come from the simplest of sources.


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Capitalizing on Cupcake-Making

by Helene Louise  

 

Planning a child's birthday party can be fun but it can also be a lot of work. And, coming up with new ideas each year can definitely be a challenge. As a single mother, I already have plenty to do just keeping the basics moving along—from getting home from work as quickly as I can to planning meals days in advance in order to have enough time for homework, housework and after school activities, not to mention activities related to my daughter's rehabilitation after a childhood stroke.

 I am continuously thinking of new ways to improve my efficiency but sometimes, all I have to do is use someone else's great idea. A good friend of mine, with whom I share a deep appreciation for strong coffee, regularly translates her culinary and artistic abilities into the most beautiful cupcakes. She added, however, a strategic element to this skill, applied it to the birthday party dilemma and came up with an excellent solution. 

 Basically, her idea is to prepare a large quantity of cupcakes, icing and sprinkles. Then, when the party-goers arrive, the “activity” for the afternoon is to decorate the cupcakes, which is something that all kids love to do. Each child gets to fill up a box and that becomes the "loot bag" that they will take home at the end of the party. Once a child's own box is filled, the kids start filling up a tray so that together, they create the "birthday cake". My daughters and their friends had so much fun the first time that we did this under my friend's careful cupcake coaching that we recently had our second cupcake party which was, once again, both fun and efficient—thanks to my crafty friend's outside-of-the-cupcake-box thinking.


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Questions for Mama - Part III (Conclusion)

by Helene Louise  

“Do you know what makes a good mother?”

 Just as my daughter’s question about why my face always looked so sad opened my eyes to the need for some self-reflection, so did a chance meeting with a well-travelled friend one lunch hour many years ago.  I was back to work after six years out of the workforce and in the first year of living on my own with my young daughters. He asked me how things were going and I launched into an long update, loaded with anecdotes and details. In retrospect, I was probably feeling sensitive about being a single-mother and wanted to be sure to convince everyone of how well I was managing everything on my own.

 When I paused, he asked, “Do you know what makes a good mother?” I felt uncomfortable because I thought a criticism might be on its way. “A good mother,” he said, “...is one that doesn’t give everything”. This comment was as unexpected as my daughter’s questions that I wrote about earlier (Questions for Mama Part I and II) and equally thought-provoking. He was right. Just like I wrote in the posting about what to do “in the unlikely event of a decompression,” in the same way that it’s critical to put your own oxygen mask on first and then help your child, if you want to be a good parent, you have to make sure that you yourself are thriving. That’s not easy to do when you’re already overwhelmed with everything else that has to get done. 

 In my case, it took time before I managed to carve out some time for myself. For years, I was fuelled by the sense of purpose that came from being a mother and the feeling that I had to make up for the fact that there was only one parent in the house—combined with managing my daughter’s rehabilitation and my long to-do list, this took up every waking minute that I had. 

 Eventually though, I found time to think beyond my responsibilities. In the same way that I try to appreciate the tiny things that are beautiful in each day, the things that I did for myself were equally tiny. Leafing through my favourite magazine after a long day even though I was so tired that I could barely keep my eyes open, making an especially good cup of coffee for myself as I helped my girls with their homework and, as the they got older, taking half an hour to go for a run. All of the little things that I did for myself—even though thinking of myself sometimes seemed contrary to my goal of being a good mama—made me feel like a happier mama, and as a result, I probably was a better mama. 


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Questions for Mama - Part II

by Helene Louise  

“Do you know why you’re a good mama?” 

As I wrote in Part I of Questions for Mama, when my oldest daughter was two years old, she asked me why my face always looked so sad. Not long after that, I was to go through some major upheavals in my life, including the unravelling of my marriage. Although it seemed that this difficult time would never end, eventually it did and five or so years later, my life was relatively stable again. I working full-time and raising my two daughters on my own. 

One day, as we were walking home from school, my daughter looked at me and asked, “Do you know what makes you a good mama?”

- “Is it because I love you so much?” I asked.

- “No,” she said.  

- “Is it because I pack nice lunches for you?” 

- “No.”

- “Why am I a good mama then?” I asked her. 

- “You’re a good mama because you find something beautiful in every day.”

I was sincerely surprised by what she said because that’s not necessarily how I saw myself—my mind was usually busy processing and reprocessing all of the items on my to-do list, trying to figure out how I could best manage it all...appointments at the rehabilitation centre, deadlines at work, what to make for dinner, homework, occupational therapy exercises to be fit into the evening's activities and all that. 

Still, after everything that I had been through, I was indeed conscious of how much the little things in life now meant to me.  Like the tiny triumphs of my younger daughter’s progress as I wrote about in my book, like the very fact that I had children to take care of along with the means to do so, were all among the positive things that I appreciated every day.

At the age of two, my daughter had noticed that my face “always looked so sad” and, five years later, with many changes behind me I was much better—good enough so that she noticed that instead of looking sad, I was consistently pointing out something good in each day. 

My daughter’s first question, opened my eyes to the need for some serious self-reflection. Her second question, years later, opened my eyes to the extent to which I had moved forward since then. So, I say again, we should definitely be careful not to underestimate people—small, big or different in whatever way.


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